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Mesures
spatialisées de propriétés du sol au sein d’une
parcellepar sonde ISFET et mesures hyperspectrales
2002
R.A. Viscarra Rossel1,3
Y. Fouad2, C. Walter1
1
ENSA-INRA Rennes, UMR SAS, 65 rue de St Brieuc, CS84215, 35042 Rennes,
France
2ENSA Rennes, Laboratoire de Physiques des Surfaces Naturelles,
65 rue de St Brieuc, CS84215, 35042 Rennes, France
3Australian Centre for Precision Agriculture, McMillan Building
A05, University of Sydney, NSW 2006
Thème
4 - Analyse Spatiale, 7èmes Journées Nationales d'Etude
des Sols, 22-24 Octobre, Orléans, France.
Abstract
L’objectif de ce travail est d’évaluer de nouveaux
outils de mesure de terrain qui permettent d’évaluer de façon
rapide, précise et quantitative la variabilité de propriétés
du sol au sein d’une parcelle. Deux techniques sont présentées
ici : d’une part, l’emploi de sondes de mesure de pH ISFET
(Ion Sensitive Field Effect Transistor) ; d’autre part, l’utilisation
d’un spectromètre de terrain permettant de mesurer la réflectance
spatiale des sols.
Le site d’étude est une parcelle de 4 ha située près
de Rennes présentant un gradient d’hydromorphie le long d’un
versant convexo-concave de pente moyenne (5 %). Les sols sont des Brunisols
ou des Néoluvisols, limoneux, acides, développés
dans des matériaux d’apport éolien. Cette parcelle
est cultivée depuis 20 ans de façon homogène mais
résulte de la fusion de plusieurs anciennes parcelles délimitées
par des haies.
Un plan d’échantillonnage systématique selon une grille
régulière triangulaire a été mis en place
grâce à un GPS de précision submétrique : il
permet de couvrir la parcelle selon un maillage de 25 m de côté,
aux nœuds duquel l’ensemble des propriétés sont
mesurées, et selon un maillage plus fin (12,5 m) utilisé
pour les mesures de pH. Un échantillonnage classique du sol a été
mis en œuvre au niveau de chaque point : le sol est prélevé
entre 0 et 10 cm puis envoyé au laboratoire pour analyse des propriétés
physico-chimiques (granulométrie, carbone organique, pH, CEC, cations
échangeables, phosphore) selon des méthodes normalisées.
En chaque point, la densité apparente est également mesurée
par des cylindres de 500 cm3.
La mesure rapide du pH est permise par l’apparition d’une
nouvelle génération de sondes pH, dites ISFET (Ion Sensitive
Field Effect Transistor), dont les temps de réponse et la robustesse
sont supérieures aux électrodes classiques. Une étude
préalable (Viscarra et al., 2002) a été conduite
sur 17 sols cultivés de Bretagne pour étudier la cinétique
des réactions du pH. Ces sols présentaient une gamme très
étendue de variation de pH, de texture et de matière organique.
Cette étude a mis en évidence des cinétiques de type
bi-phasiques et séquentielles, avec une réaction très
rapide de l’ordre de quelques secondes représentant environ
80% de la variation totale de pH, suivie d’une seconde phase de
réaction plus lente. Une méthode de terrain a donc été
testée permettant de concilier un temps de mise à l’équilibre
suffisant intégrant en partie l’effet de la seconde phase
de la cinétique d’évolution du pH et un souci de limiter
le temps de mesure pour pouvoir augmenter la densité d’échantillonnage.
Un temps d’équilibration de 10s a été testé
permettant d’atteindre une exactitude théorique de 0,15 et
0,33 unités respectivement pour les pHCaCl2 et pHH2O. Sur la parcelle
étudiée, 476 mesures de pH (238 sites avec deux mesures
distantes de 1 m) ont été effectuées en 5 heures.
Un jeu de validation a permis d’évaluer le biais de la mesure
rapide à –0,23 unité pH et son exactitude à
0,34 unité pH. Les cartes construites par géostatistique
à partir de la mesure rapide sont apparues mieux structurées
que celles obtenues à partir des mesures de laboratoire, en raison
d’une densité d’échantillonnage plus importante
permettant une meilleure estimation de la structure spatiale de la variabilité
(par le variogramme) et une prise en compte de la variabilité à
courte distance lors de l’interpolation.
L’utilisation de la spectrométrie avait pour objectif de
caractériser de façon plus globale la variabilité
des propriétés du sol au sein de la parcelle en tenant compte
des variations possibles de matière organique, de texture, etc.
(Viscarra et McBratney, 1998). Un spectroradiomètre portable (ASD
Fieldspec) permettant la mesure de la réflectance spectrale du
sol dans le domaine optique (de 400 à 1000 nm de longueur d’onde,
selon une résolution de 1,4 nm) a été testé.
Ce domaine recouvre le visible et une partie du proche infra-rouge. Le
spectre de réflectance du sol a été établi
sur sol nu, légèrement décapé, en chacun des
nœuds du maillage de la parcelle. Les spectres ont été
comparés à l’ensemble des données analytiques
acquises sur la parcelle en employant la technique de régression
dite P.L.S (Partial Least Squares regression). Les premiers résultats
montrent une bonne concordance entre les deux sources d’information.
L’aptitude à prédire des propriétés
du sol par simple mesure in situ des spectres de réflectance est
en cours d’évaluation.
Ainsi, l’apparition de nouveaux outils de mesure de terrain, à
l’image des sondes ISFET et des spectromètres portables,
permet d’envisager un renouvellement important des approches de
terrain vers une meilleure prise en compte de la variabilité intra-parcellaire
des propriétés du sol. Le principal avantage est la possibilité
d’augmenter significativement les résolutions d’échantillonnage.
Il s’agit là d’avancées technologiques qui sont
susceptibles de favoriser une gestion plus fine de la conduite des cultures
et de l’aménagement des sols.
Références
Viscarra Rossel, R.A. and McBratney, A.B. 1998 Laboratory evaluation of
a proximal sensing technique for simultaneous measurement of clay and
water content. Geoderma,85(1): 19-39.
Viscarra Rossel R.A., A. Pérez Hoyos, Walter C. 2002 Estimations
précises des besoins en chaux dans le Massif armoricain. Etude
et Gestion des Sols, 9(3): 197-212.
Viscarra Rossel R.A & C. Walter - Rapid, quantitative and spatial
field measurements of soil pH using an Ion Sensitive Field Effect Transistor.
Geoderma (in-press).
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